Par des détours sinueux

26 novembre 2007

Plusieurs versions du même voyage

Parachute014

parachute_rouge

Parachute_nuit

Aquarelle

plume_sur_la_peau

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03 septembre 2007

Retour aux bercailles

Le matin, nous déambulons une petite heure dans l'odos 1866 où se trouve le marché.
Nous croisons encore les regards des hommes installés aux kafeneions et très vite, nous devons songer à reprendre la voiture: un avion nous attend.

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Notre 207 regagne son parking d'origine et nous nous dirigeons vers notre comptoir. Bientôt, nous découvrons que notre vol est retardé; ce qui nous laisse encore le temps d'une coinche, assises par terre dans le hall.
Au bout d'une heure ou deux, notre boeing est annoncé. Yassas, Creta.
Paris est bientôt dans le hublot.

Merci à Claire, Daphné et Laure... sans vous, le voyage n'aurait pas été aussi plaisant qu'il le fût !

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02 septembre 2007

Lieux de mémoire

C’est par l’un des plus belles églises byzantines de Crète que nous commençons cette dernière journée de vacances : la Panagia Kera. Nous nous attendions à un monument de grande dimension, proportionnel au nombre de pages lui étant consacré dans les guides ! et nous trouvons une petite église de poche, légèrement à l’écart de la route, non loin d’Agios Nikolaos. Vraisemblablement repeinte il y a peu, elle est aussi blanche étincelante que l’église d’Aradena.

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A l’intérieur, quelle merveille ! Tous ses murs sont recouverts de fresques, certaines en pleine restauration. Scènes de la Bible et scènes de la vie crétoise du XVe se côtoient. Les Saints, la Vierge, les Mécènes et les paysans éclatent de présence.

Nous continuons la journée, à rebours de la chronologie. Après une toute dernière baignade animée par la rencontre avec une méduse, nous rallions Cnossos, site minœn mythique mis à jour par Arthur Evans, qui entreprit de le restaurer.

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Sur des hectares, s’étendent les ruines du Palais qui jusqu’à la fin du XIX étaient recouverts par une végétation dense semble-t-il, suffisamment pour que les ruines ne soient connues de personne ! Une civilisation pacifiste, extrêmement évoluée et raffinée, s’est développée ici, à quelques kilomètres de la mer, au milieu des oliviers. Entre les colonnes, errant dans les escaliers, et furetant dans les cyprès, ce sont…. non pas des esprits, mais des chats qui guettent les touristes venus admirer l’art des Anciens.

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Le soir, nous regagnons Heraklion, la boucle est bouclée, pour notre dernière nuit. Nous finissons la soirée dans un bar hyper-branché sur la mer : une déco fantastique, une musique lounge dans les oreilles et des prix… parisiens sur l’addition !  De Cnossos à ce bar, nous avons fait le grand écart !

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01 septembre 2007

La mort lui va si bien

Notre soirée à Palekastro fut bien sympathique ; cette petite ville tranquille à l’intérieur des terres accueille encore quelques touristes, bien que la saison touche à sa fin (mais où sont les surfeurs ?!). Dans les tavernes, les autochtones se mêlent aux exogènes. Nous sommes dans un bar reçues comme des reines ; le propriétaire nous apporte des fruits frais pendant notre partie de coinche, il sourit quand nous annonçons l'origine « France »… Ah Paris, soupire-t-il… La Capitale fait toujours briller les yeux. Nous finissons au comptoir ; le patron nous offre une tequila et un whisky, si nous ne mettions pas le holà, nous finirions par tomber du tabouret de bar !

La nuit est calme dans l’hôtel quasi vide. Nous prenons des forces, car ce matin nous affrontons la mort !... enfin sa gorge… Dead’s gorge ! Un « canyon » dans les parois duquel se trouvent des tombes néolithiques… après la nécropole de Matala, nous faisons dans le thématique !

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La balade est fabuleuse ; nous avançons au milieu des cailloux du lit de la rivière, nous enjambons des rochers ; écartons quelques lauriers et autres arbustes pour nous frayer des passages. En levant les yeux, nous sentons le mystère des lieux.

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Ces anfractuosités qui se devinent en hauteur et les fantômes qui nous jaugent, inconscientes jeunes filles en fleurs (ce qualificatif nous sied à merveille !) traçant notre route en plein cagnard. Au bout de la vallée, Zakros, un site minoen de taille qui témoigne du niveau de civilisation des « anciens Crétois ». Un nouveau bain dans des eaux de rêve, une petite salade grecque et nous sommes déjà sur le chemin du retour. Une pensée pour les morts, qui nous surveillent toujours du haut de leurs cavités. Esprit, es-tu là ? Sésame, ouvre-toi ? Euréka ?... non, nous n’avons pas trouvé de trésors, mais la vallée est un joyau à elle seule. 

Devant la voiture, nous sommes dégoulinantes, cette marche nous a bien fait perdre 2 litres d’eau chacune. Nous n’aspirons qu’à une chose, vite, vite, nous immerger à nouveau dans les eaux claires de la Méditerranée…

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C’est chose faite, quelques 2h plus tard, dans le village de Mochlos je crois ; mini-plage peu commode où il faut éviter les rochers, sous peine de s’estropier. Mais la lumière rosée sur la baie de Mirabello vaut le détour !

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Le soir, nous sommes à Agios Nikolaos, le St-Tropez crétois, pénultième étape de notre séjour. D’Agios, comme nous l’appelons, il n’y a qu’une chose à savoir, son lac est petit… mais bigrement profond !Non, je vous jure, il faut le voir pour le croire ; il est vraiment petit !! Et pourtant qu’est-ce qu’il est profond (64m) ! La parfaite cachette pour le monstre du Loch Ness qui aurait fui son Ecosse natale pour trouver le soleil. Même les Monstres ont droit au soleil.

Encore un resto et au lit… plus qu’une journée ; le voyage a passé à une vitesse folle.

NB: à voir, de belles photos de la Crète intérieure, avec notamment des portraits très réussis.

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31 août 2007

N'y a-t-il que Vaï qui vaille ? *

* Question rhétorique à laquelle on peut répondre : "Et ta moutarde ?"

La journée commence délicieusement par une tête dans la piscine de l’hôtel. Environnées de montagnes et sous une voûte céleste toujours aussi bleue, nous faisons quelques brasses ; nous voilà prêtes pour affronter une longue route sans aucun doute sinueuse, rude et pleine de surprises.

Avant néanmoins de séjourner quelques heures dans la voiture, nous retournons à pied à la plage de Matala. Dans la falaise qui la borde  et plonge sur sa droite, une nécropole romaine creusée dans la roche : une diagonale blanche et une diagonale turquoise,  si l'on penche la tête c'est la mer qui tombe à la renverse et la falaise qui sert de ligne d'horizon.

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Matala, ancien lieu de passage obligé pour les hippies en partance pour Katmandou... Je les imagine sortir des cavités troglodytes après des nuits trop courtes, fixer le soleil, torse nu bombé, baillant aux corneilles, hâlés par des mois passés sur la route, l’olive à la bouche, le laurier rose à l’oreille, embrassant leur compagnon ou compagne sans distinction et foncer vers la mer dans un habile plongeon. Ce Matala n’est plus vraiment, les touristes en ont pris possession et ne connaissent sans doute plus tous Jack Kerouac. Mais nous 4, dans notre 207 bleu métallisé, ne sommes-nous pas une survivance de l’esprit beatnik ?! Bon d’accord peut-être pas tout à fait… en tout cas, nous sommes sensibles au charme qu’a réussi à préserver Matala.

Et maintenant notre regard s’oriente à l’est, s’orientalise…A l’Est, tout de nouveau… notre horizon : Palekastro. Nous roulons plus de 2 heures, avant de nous arrêter dans une charmante bourgade en bord de mer : Myrtos. Nous mangeons face à la mer sur des jolies chaises en pailles avec des montants bleu mer. L’environnement ne saurait être plus grec !

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Après cette halte rassasiante, nous avons trouvé au bord de la route nationale un garagiste… nous n’avons pas oublié qu’il fallait rafistoler notre plaque d’immatriculation ! Il ne parle pas un mot d’anglais, mais nous lui faisons comprendre où réside notre problème… dont il se charge avec la plus grande gentillesse. Et franchement, on n’y voit presque que du feu ! Toute aplatie, revissée comme il faut, notre plaque est comme neuve (exceptées les rayures qui la décorent !).

Et la route reprend, encore 2h… vers 17h, nous atteignons la côte orientale de l’île. Des paysages somptueux défilent. Rester bouche bée devant la vue sur la baie de Mirabello. La côte découpée est enrobée d’une brume de fin de journée, propice à toutes les fantaisies. Jeu de cache-cache. Symphonie sur 5 octaves. Colin-maillard. Concerto en ut et sans clé. Entre aveuglement et harmonie sensuelle.

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Récompense ultime : la plage-palmeraie de Vaï. Encore une fois, nous avons joué le timing parfait. Elle est presque pour nous seules. Je ne sais plus ce qui fut le plus agréable : ces gravillons polis qui servent de sable et qui font semble-t-il la peau douce, l’immersion dans l’eau face au soleil, sortir de l’eau, des gouttes à fleur de peau, l’heure douce où le soleil descend et rend les corps plus beaux, le silence à peine habité de quelques voix et de nos rires, les palmiers sauvages ombre chinoise sur un mur imaginaire.

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30 août 2007

Journée marathon

Espoir déçu (celui d'une bonne nuit)!
Dans nos chambres en rez-de-chaussée, nous avons d’abord été perturbées dans la nuit par les rires et les éclats de voix de la rue voisine, puis au matin, ont-ils convoqué la fanfare municipale ?! Non ce sont seulement les serveurs et cuisinières de l’hôtel qui dès l’aube s’affairent pour préparer le petit-déjeuner. Et cela bavarde ferme et cela ignore la sourdine…

Nous nous levons épuisées, et voilà que la baignade matinale dans la piscine s’avère impossible… il est trop tôt et Markos n’a pas fini de nettoyer. Gros dépit…Décidément comment parviendrons-nous à nous réveiller pour de bon ?

Alors nours partons pour les gorges d’Aradena, que nous avons préférées aux gorges de Samaria, dont les guides disent qu’elles son blindées. Pour y aller, nous prenons la route qui serpente dans les gorges d’Imbros.

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Le paysage est déjà magnifique. Nous traversons la Crète, du Nord au Sud, d’une mer à l’autre. Bientôt, nous sommes à Hora Sfakion au bord de la mer de Lybie. La carte IGN nous indique ensuite une route qui mène à Anapolis. Nous nous engageons circonspectes, sur ce qui ressemble bien plus à une piste qu’à une route, mais bientôt un ouvrier nous confirme qu’Anapolis est en effet au bout du chemin. Dire que nous sommes rassurées est exagéré.

La route est hallucinante : magnifique, belle à en pleurer, mais quasi impraticable ! A notre gauche, une mer entre bleu azur et bleu marine, qui contraste avec les teintes sablonneuses de la route ; autrement dit encore, à notre gauche un précipice et à notre droite des énormes caillasses qui semblent prêtes à s’écrouler.

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Ai-je déjà parler du milieu, entre la gauche et la droite ? Non ? Dommage c’est le plus intéressant ! Des marteaux-pilons, des énormes camions emplis de rochers, qui nous barrent la route tous les 50 mètres. Et c’est un lent ballet qui se règle entre touristes et travailleurs de la route. Tourne-t-on un remake du Salaire de la Peur ? Notre ascension vers Aradena par Anapolis se révèle ainsi laborieuse, périlleuse et excitante à la fois.

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Bientôt l’infini marin est derrière nous ; s’offre alors à notre vue une montagne nue, sèche, aride où encore une fois les chèvres sont invitées. Nous atteignons enfin Anapolis où nous achetons en guise de pique-nique du pain et des biscuits au boulanger du village. Il est adorable, nous fait plusieurs fois goûter ses spécialités avant de nous saluer d’un très cordial Yassas. Quelques kilomètres encore et nous y sommes, nous les avons vraiment gagnées, ces gorges d’Aradena.

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L’œil est aussi capté par l’église d’un blanc rutilant qui surplombe souveraine le ravin. Pour y parvenir, il faut franchir le pont métallique qui enjambe les gorges, ce que nous faisons dans un bruit de tous les diables. De l’autre côté du pont, autour de l’église, le village abandonné d’Aradena, cerné d’une clôture en grillages. Juste avant l’ « entrée », un mini-kiosque-kafeneion est installé où quelques hommes, dont des policiers, sont attablés attendant l’animation qui ne vient pas. Nous sommes quasi seules sur les lieux.

Après avoir franchi la porte grillagée, nous nous aventurons dans les ruines désertes d’Aradena sous un soleil de plomb. Le village est un champ de cailloux, de vieux murs effondrés où quelques oliviers se sont frayés un chemin. L’église seule a échappé aux ravages du temps. Blanche immaculée, elle assied sa gloire dans le ciel bleu et la roche intraitable des gorges.

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Au détour d’une ruelle, nous voyons 2 maisons semblant rénovées et habitées. Des pancartes sur lesquelles figure le drapeau de l’UE nous font penser qu’Aradena est peut-être sur le point de ressusciter. En attendant, les uniques habitants que nous ayons croisés sont…des biquettes !
Par un sentier de pierres en zigzag bien régulier, nous entamons ensuite notre descente. Soleil au zénith, fraîcheur toute relative, s’enfoncer lentement dans le ventre de la terre. Au-dessus de nous, le ciel se réduit peu à peu à un pantalon de gendarme. La forteresse minérale prend toute son ampleur. Bientôt, nous sommes dans le lit qui accueillit un jour des flots puissants. Nous déjeunons d’un morceau de pain à la cannelle, accompagné de quelques tranches de fromage plastique, puis entamons la remontée. En 15 minutes, c’est bouclé, c’est incroyable, nous sommes des sportives accomplies !

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Notre périple crétois ne manque pas de rythme ; vu de loin, nous avons peut-être l’air de touristes japonais qui mangent de la route sans déguster… eh bien nous, nous mangeons de la route, mais nous dégustons !! Enfin, c’est surtout notre voiture qui mange de la route… si bien même, qu’en continuant notre itinéraire de la journée, elle finit par littéralement se mettre le bitume dans la gueule. Ou devrais-je dans le pare-choc avant ?... Eh oui, avec ces routes toutes mal balisées (un coup, nous sommes à 45km de Moni Preveli et 10km plus loin, à 78 !!!), qui obligent souvent à des demi-tours dans des impasses improbables, l’inévitable arrive… notre 207 finit par morfler ! Elle en perd même sa plaque d’immatriculation, que nous remettons tant bien que mal. Quelle idée aussi cette voiture de kéké alors qu’il nous aurait fallu une jeep tout-terrain ! Enfin, tant qu’elle continue de rouler.

Alors que le soleil commence doucement à descendre, nous arrivons à la plage de Preveli, tant vantée de tous côtés pour sa « morphologie » hors norme. Elle est encaissée entre 2 falaises, et une rivière vient s’y jeter. Ainsi se côtoient eau douce et eau salée, algues, roseaux et palmiers.
Au-dessus de la plage, en hauteur, le monastère de Preveli : les hommes de Dieu ont le singulier talent de s’installer dans des lieux éblouissants. Promontoire rocheux où la lumière sidère. Horizon sans fin. A n’en pas douter, si l’on doit un jour croiser Dieu, ce sera ici, plus que dans le métro !
Finalement, nous sommes là à l’heure parfaite, quand les touristes désertent. Notre bain du soir est une cure de jouvence. Après les kms avalés, laisser son corps dérivé dans cette eau salée qui le supporte doucement et s’observer tronc flottant. Tout là-bas bien loin devant nous, le vernis rouge sur nos orteils contraste avec le bleu limpide de la mer de Libye.

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Il se fait soudain tard, le soleil a pris ses quartiers nocturnes. Pour nous, la journée n’est pas finie. Plusieurs dizaines de kilomètres nous séparent encore de notre hôtel, à Matala. Dans la pénombre, puis bientôt dans la nuit noire, notre voiture avance, point de lumière mouvant parmi les oliviers à flanc de colline.
A 21h30, nous mettons pied à terre devant l’hôtel Europe (amante de Zeus, mère de Minos)… A nous Matala ! Revient alors l’une des questions les plus récurrentes et importantes de notre séjour… où mangeons-nous ? Nous nous dégottons une petite taverne qui donne sur la plage et profitons de nos mezzes, avec le ressac comme musique de fond.

La soirée s’achève sereinement (si j’omets le tragique épisode de l’écrasage de boule de glace sur le sol… Daphné est presque en pleurs et Laure ne sait plus comment la consoler :-)
Au programme du lendemain, encore une longue journée de voiture.

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29 août 2007

Ville-Plage-Ville : trio gagnant

IMG_2926Réveil matinal… dur d’émerger.

Et pourtant cette extirpation hors du sommeil est vite récompensée. Les rues de Rethymnon au  matin sont délicieuses ; ce n’est plus la même ville que la veille au soir. Aux foules attirées par les néons des restaurants et des bars, aux bousculades devant les milliers d’échoppes ouvertes jusqu’à pas d’heure, ont succédé des passants comme égarés, à compter sur les doigts de 2 mains, et un silence doré par le soleil.

Les venelles étroites recèlent de trésors : un minaret par ci, un clochet par là ; une magnifique fontaine vénitienne ; des bougainvillées qui tombent en cascade, des balcons en encorbellement, traces de l’occupation ottomane, et des scènes de la vie quotidienne parfois savoureuses (Aimilia-Maria : victoire 1-0 par KO)… Peu après être passées devant le marchand de chapelets, nous entendons une première fois dernière nous une sorte de bruit de bisous. Tandis que nous avançons, le bruit se répète « kiss-kiss »… nous nous retournons et découvrons le « coupable », un vieil homme qui nous pourchasse de ses ardeurs ! Ah ces hommes… quels pervers !

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2 heures plus tard, nous nous arrêtons à un point de vue et admirons la plage de Falassarna : un bleu magnifique et transparent cerné par une mère d’oliviers et des rochers obséquieux. Quelques minutes plus tard, nous foulons le sable chaud ; les touristes sont rares, la plage est presque à nous ! Nous tentons discrètement d’emprunter un parasol : échec cuisant ! Un plagiste énervé nous arrête, en nous demandant ce qu’on fabrique. « Ah bon, on n’a pas le droit ? ». Nous élisons domicile quelques mètres plus loin. Debout sur le sable, notre plante des pieds brûle mais la mer est enchanteresse, transparente à perpétuité.

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Je pars me promener au bout de la plage où je tombe sur une décharge sauvage, des grandes bâches plastiques jonchent le sol, défigurant le paysage. La protection et le respect de l’environnement ne semblent pas être l’exacte priorité crétoise.
En revanche, les champs d’oliviers qui se dessinent derrière les bâches sont splendides (haiku de l’olivier).

Sur la plage nous restons 1h, entre baignade et dorade…Petite épiphanie, lorsqu’un homme nous montre ses bijoux de famille en se changeant maladroitement ! Comme l’estomac ensuite nous tiraille (sans rapport cependant avec les bijoux vus précédemment), nous partons déjeuner au boui-boui sophistiqué qui surplombe la plage. Une ambiance lounge et la mer qui sous l’effet du soleil aveuglant devient toute blanche.

Il est déjà temps de prendre la route de la Canée. Après avoir trouvé notre hôtel, nous partons déambuler dans les vieux quartiers : des rues étroites où s’engouffre le soleil, des maisons effondrées et des restes de vie qui suintent à travers, des personnes âgées assises au pas de la porte, qui à discuter, qui à coudre, qui à tricoter, une église-mosquée qui conjugue élégamment clocher et minaret (Aghios Nikolaos).

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Nous sommes bientôt sur le port, où Venise, autant que l’empire ottoman, a laissé une empreinte forte : des arsenaux, une magnifique loggia. Le lion de Saint-Marc est décidément partout ! Mais c’est bien la mosquée des Janissaires le plus bel emblème de Xania, ville à géométrie variable, ville sous influence.

Qu’il y fait bon flâner dans cette lumière divine de fin d’après-midi, où les blancs et beiges se teintent d’ocres et de roses. La mer n’est bientôt plus qu’un océan de miel… que préférerait-on ? S’y rouler ou le lécher ?

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Nous dînons non loin du port et regagnons notre hôtel, en espérant y dormir du sommeil du juste... mine de rien, la fatigue s’accumule !

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28 août 2007

Avant le mont Olympe

Il y a un temps pour tout, y compris un temps pour les dieux. Ce sera aujourd’hui. Nous sortons d’Heraklion un peu au hasard, un peu perturbées par ces panneaux qui indiquent tout et son contraire. Les dieux se gagnent après des luttes acharnées contre les directions de l’équipement… Et Zeus a sûrement eu son mot à dire, lorsque le gouvernement crétois a décidé de flécher la route menant à son berceau, cette intimité qui se protège : l’Ida antron.

Pour y parvenir, nous passons par un charmant village perché dans la montagne et répondant au doux nom d’Anogia. La localité est connue pour son artisanat et pour son église… que nous ne trouverons jamais ! En revanche, en déambulant sur le trottoir de la route principale, nous apercevons derrière des rideaux écartés, des portes entrouvertes, des femmes tisseuses, absorbées sur leur métier. Bientôt, nous arrivons devant une maison égayée par les petits tapis suspendus sur un fil devant la façade. Une vielle dame toute vêtue de noir nous alpague et nous invite à rentrer. En moins de temps qu’il ne faut pour dire « oh », « ouf » ou « hop là », elle nous a montré toute sa collection de tissus faits maison. Bientôt, elle met sur ma tête un petit châle blanc brodé et s’émerveille devant le résultat. On la comprend :-)

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On se parle avec deux, trois mots et quelques gestes. Elle et son amie, tout aussi ennoirée, tout aussi veuve peut-être ?, sont charmantes. Elles nous offrent de quoi grignoter, nous montrent des photos de touristes passés par leur salon-boutique. Bien sûr, c’est irrésistible ! Nous achetons puis reprenons la route. Les paysages sont de plus en plus secs et rocailleux. Parfois au détour d’une route, nous apercevons des sortes d’abri circulaire en pierres, des koumos, anciens abris des bergers. Quelques chèvres croisées ça et là  rappellent qu’on peut survivre dans ces contrées écrasées par la chaleur.

Et soudain se dessine le plateau de Nida, une immense étendue plane, cernée de montagnes.
Blond, crème, ocre, paysage minéral sans espoir de verdure, sous un ciel bleu tellement lourd qu’il semble prêt à s’effondrer.

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Nous nous arrêtons bientôt à un parking, aussi peu fréquenté que les routes sur lesquelles nous venons de tracer, avant de poursuivre à pied vers la grotte de Zeus. Nous découvrons pour la première fois au bord des chemins escarpés, cette plante étrange dans laquelle on voudrait d’abord se rouler… avant de se raviser… c’est la plante barbelés ! Des reflets gris-verts-argentés, elle a toute sa place dans un environnement somme toute assez hostile bien que grandiose.

Après une vingtaine de minutes de marche, nous atteignons la profonde caverne qui aurait vu naître le roi des Dieux. On s’enfonce dans les entrailles de la terre, dans une atmosphère fraîche et humide, par un escalier casse-gueule où nous essayons de ne pas glisser. Zeus, viendrait-il nous consoler ? Nous cherchons sa présence dans les moindres recoins de ce lieu sacré. Eh bien, nous croirez-vous ? Il n’y était point ! Parti sûrement vers d’autres ors, d’autres vallées. Et pourtant, en ressortant, nous croisons la chèvre Amalthée, toujours là, même après des millénaires, prête à allaiter l’enfant affamé.

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Enfin, après une petite côtelette à la taverne du coin, nous délaissons le plateau de Nida pour un autre endroit divin : le monastère d’Arkadi.
Près de 1000 hommes, femmes, et enfants y ont laissé leur vie, lors d’une insurrection contre l’occupant turc, préférant se faire sauter avec les réserves de munitions plutôt que de se rendre à l’ennemi. Courage ou folie, quand pour rien au monde on ne veut laisser tomber sa patrie ? (PS : 24.10 C’est aujourd’hui l’hommage à Guy Môquet ; rendre la lecture de cette lettre, obligatoire, est aberrant. Même si l’écrit est exemplaire. Voir aussi les lettres des martyrs du lycée Buffon ; étonnantes et admirables. Incroyable jeunesse, qui se battait et mourut pour une Idée). Aujourd’hui le monastère d’Arkadi est un lieu de contemplation : serein, baigné dans la lumière envoûtante de la fin d’été, façade majestueuse. Les bougainvillées roses et blancs se battent pour ravir l’œil du visiteur et les chats flânent. J’y vivrais des retraites.

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Ce n’est pas que le reste de la journée défile à 48 images seconde, c’est que j’ai du mal à tout écrire dans ce carnet de voyage. Alors imaginez :
Arrivée à Rethymnon avec le soleil qui ralentit sa course / Hôtel : chambre avec vue… sur cour… étroite et pleine de pigeons… / Balade dans les rues commerçantes, on dirait Cabourg/ Des kilomètres de terrasse en front de mer, on dirait Beaubourg… avec la mer/ Notre première baignade. L’eau est habitée… d’algues ou d’immondices divers ?/ La plage est une plantation de parasols ; le sable de Rethymnon a l’air de leur réussir/ Des centaines de touristes en goguette, nous au milieu/ Dîner sous les citronniers/ Moussaka (ah bon, c’est ça ?), vive les mezzés !/ Le vin rouge arrache, Laure tu as bien fait de prendre du blanc/ La nuit est noire et nous marchons à l’aventure/ Forteresse vénitienne, encore une!, comme un grand vaisseau blanc qui flotte immobile/ Port, lieu d’attache, qu’on ne voit plus caché sous les centaines de fauteuils en tissu, en osier, que sais-je, de tous les restos installés là/ Musique techno qui résonne dans l’obscurité/ Couturières qui travaillent encore derrière leur fenêtre/ Rideau/ Nuit/ Dodo

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27 août 2007

Crète été 2007: sur les pas de Zeus

Avant tout, la traversée de la Méditerranée, le passage au-dessus du Lac Léman célèbre pour ses 24heures, au dessus de Parme, célèbre pour son jambon et Bologne pour ses spaghettis. Mais avant tout cela encore, la nuit fut courte. A peine 4 heures de sommeil, une fois le top de minuit enclenché, et à 4h le réveil nous éveille. Peut-on se plaindre quand il nous conduit en vacances ? Quelques 8h plus tard, une fois digérées toutes les spécialités italiennes que nous avons survolées, nous arrivons enfin au-dessus de la Grèce… au-dessus du Péloponèse qui brûle. On voit depuis le hublot les fumées saumâtres qui couvrent la région toute entière. Tandis que l’été 2007 devait rester dans les mémoires françaises comme un été moisi, entre froid, vent et pluie, il restera là sinistre, Eole qui tue, détruit et calcine. Les dieux sont parfois de beaux salopards.

Arrivées enfin à Heraklion, les flammes de la péninsule semblent lointaines. La compassion du touriste s’arrête où commence son plaisir. Cynisme : école philosophique de la Grèce antique, fondée par Antisthène…. Autrement dit, lorsqu’on a peu de temps, l’essentiel est de jouir. Epicurisme

A l’aéroport d’Heraklion, nous découvrons les meutes de touristes qui se rassemblent à l’extérieur devant les petites cabanes en bois des tour-opérators. On dirait un marché de Noël, mais ce n’est que la distribution des vacances d’été. Enfin, nous avons notre programme, notre voiture et nous filons vers le centre de la capitale crétoise à quelques kilomètres de là. Bien sûr, il nous fallut nous perdre, mais après de sinueux détours, nous trouvons notre hôtel au bout d’une rue dont l’étroitesse est remarquable. Dans cette traversée d’Heraklion, looking for the hotel, nous avons déjà vu l’architecture anarchique, les sols secs à n’en plus finir, la circulation erratique.
Le guide (Lonely, Routard, je ne sais plus) ne semblait pas se tromper, à recommander un passage-éclair à Héraklion.

Et puis, nous partons manger puisque c’est déjà l’heure, et autant dire que nous l’attendons ce régime crétois aux vertus célébrées.

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Tout de suite, Heraklion se pare de couleurs sympathiques : sur une placette ombragée, nous dégustons la salade qui deviendra l’incontournable du séjour (tomates, fetas, olives, salade verte), des beignets de… épinards peut-être (je ne sais plus !!), et le yahourt au miel, autre délice local. Qui plus est, le charmant serveur nous offre et du gâteau et du raki !!... Le guide faisait erreur ! Heraklion est bien aimable.

Nous déambulons dans ses rues, visitons son musée archéologique en pleins travaux et réduit à quelques pièces d’expositions (suffisante néanmoins pour constater la richesse de cette civilisation, entre les fresques éblouissantes et les bijoux d’un raffinement inouï.

Le soir venu, nous allons déambuler au port. La forteresse vénitienne est enveloppée d’une lumière dorée ; fantôme qui veille sur la ville. Le vent souffle fort sur la jetée, la nuit est belle.
Tandis qu’au dîner, nous levons nos verres emplis d’un vin blanc agréable au palais, nous nous disons que ce séjour a fort bien commencé.

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22 août 2007

Don't look back in anger

Toute raison gardée, au refuge de la mer, j'ai admis une erreur qui en valait cent, prenant le ciel pour témoin, l'océan pour preuve, le phare éteint en ligne de mire, je devinais bien sûr son faisceau lumineux.

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