29 août 2007

Ville-Plage-Ville : trio gagnant

IMG_2926Réveil matinal… dur d’émerger.

Et pourtant cette extirpation hors du sommeil est vite récompensée. Les rues de Rethymnon au  matin sont délicieuses ; ce n’est plus la même ville que la veille au soir. Aux foules attirées par les néons des restaurants et des bars, aux bousculades devant les milliers d’échoppes ouvertes jusqu’à pas d’heure, ont succédé des passants comme égarés, à compter sur les doigts de 2 mains, et un silence doré par le soleil.

Les venelles étroites recèlent de trésors : un minaret par ci, un clochet par là ; une magnifique fontaine vénitienne ; des bougainvillées qui tombent en cascade, des balcons en encorbellement, traces de l’occupation ottomane, et des scènes de la vie quotidienne parfois savoureuses (Aimilia-Maria : victoire 1-0 par KO)… Peu après être passées devant le marchand de chapelets, nous entendons une première fois dernière nous une sorte de bruit de bisous. Tandis que nous avançons, le bruit se répète « kiss-kiss »… nous nous retournons et découvrons le « coupable », un vieil homme qui nous pourchasse de ses ardeurs ! Ah ces hommes… quels pervers !

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2 heures plus tard, nous nous arrêtons à un point de vue et admirons la plage de Falassarna : un bleu magnifique et transparent cerné par une mère d’oliviers et des rochers obséquieux. Quelques minutes plus tard, nous foulons le sable chaud ; les touristes sont rares, la plage est presque à nous ! Nous tentons discrètement d’emprunter un parasol : échec cuisant ! Un plagiste énervé nous arrête, en nous demandant ce qu’on fabrique. « Ah bon, on n’a pas le droit ? ». Nous élisons domicile quelques mètres plus loin. Debout sur le sable, notre plante des pieds brûle mais la mer est enchanteresse, transparente à perpétuité.

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Je pars me promener au bout de la plage où je tombe sur une décharge sauvage, des grandes bâches plastiques jonchent le sol, défigurant le paysage. La protection et le respect de l’environnement ne semblent pas être l’exacte priorité crétoise.
En revanche, les champs d’oliviers qui se dessinent derrière les bâches sont splendides (haiku de l’olivier).

Sur la plage nous restons 1h, entre baignade et dorade…Petite épiphanie, lorsqu’un homme nous montre ses bijoux de famille en se changeant maladroitement ! Comme l’estomac ensuite nous tiraille (sans rapport cependant avec les bijoux vus précédemment), nous partons déjeuner au boui-boui sophistiqué qui surplombe la plage. Une ambiance lounge et la mer qui sous l’effet du soleil aveuglant devient toute blanche.

Il est déjà temps de prendre la route de la Canée. Après avoir trouvé notre hôtel, nous partons déambuler dans les vieux quartiers : des rues étroites où s’engouffre le soleil, des maisons effondrées et des restes de vie qui suintent à travers, des personnes âgées assises au pas de la porte, qui à discuter, qui à coudre, qui à tricoter, une église-mosquée qui conjugue élégamment clocher et minaret (Aghios Nikolaos).

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Nous sommes bientôt sur le port, où Venise, autant que l’empire ottoman, a laissé une empreinte forte : des arsenaux, une magnifique loggia. Le lion de Saint-Marc est décidément partout ! Mais c’est bien la mosquée des Janissaires le plus bel emblème de Xania, ville à géométrie variable, ville sous influence.

Qu’il y fait bon flâner dans cette lumière divine de fin d’après-midi, où les blancs et beiges se teintent d’ocres et de roses. La mer n’est bientôt plus qu’un océan de miel… que préférerait-on ? S’y rouler ou le lécher ?

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Nous dînons non loin du port et regagnons notre hôtel, en espérant y dormir du sommeil du juste... mine de rien, la fatigue s’accumule !

Posté par Polyeucte à 18:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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